Muse
Jessica
Michault

Avec Launchmetrics, cette journaliste se penche aujourd’hui plus avant sur la relation entre mode et technologie. Rencontre. 

MF: Comment êtes-vous devenue journaliste mode? 
JM: J’ai débuté au International Herald Tribune lorsque j’avais 23 ans et pendant près d’un an, j’ai travaillé en tant qu’assistante recherches. Puis, le poste pour assister Suzy est paru. J’ai postulé sans rien connaître à la mode, sans savoir qui était Suzy Menkes… et j’ai eu le job! Suzy est la meilleure et l’avoir eue comme mentor pendant plus de 16 ans est l’un des plus beaux cadeaux que la vie m’ait fait. Elle m’a appris à être authentique, honnête, franche, intègre et comment écrire de super critiques ! 

MF: Vous avez été nommée digital fashion editor au Herald Tribune en 2007. Comment le métier a-t-il évolué depuis vos débuts ? 
JM: Je suis tellement chanceuse d’avoir connu la vieille école du journalisme, d’avoir pu observer son évolution tout en épaulant Suzy. Au départ, il y avait peu d’échange. Puis, nous avons commencé à poster les critiques en ligne et recevoir des commentaires. C’était le premier genre de connexion. Aujourd’hui, il s’agit vraiment d’une conversation entre vous et vos lecteurs, ce qui est super. C’est super d’avoir ce retour. Vous pouvez analyser directement ce qui résonne chez les gens. 

MF: On dit souvent que les gens lisent moins. Est-ce vrai selon vous ?
JM: C’est absolument vrai. Le futur de notre industrie, de plusieurs industries à vrai dire, est plus vocal et visuel. Le meilleur exemple date de lorsque j’étais rédactrice en chef du magazine Antidote. J’ai écrit mes critiques et n’ai eu que peu de retours. Les gens n’en parlaient pas. Lorsque Instagram a donné la possibilité de créer des vidéos d’une minute, j’ai pensé : « Ok, je vais le détourner et ferai de l’audio sur la vidéo ». Et tout a changé.

Du jour au lendemain, on m'a dit : « J’adore vos 60 Second Reviews, j’aime la manière dont elles sont montées… ». Alors que les gens lisent de moins en moins, il y a de plus en plus de demande pour des formats audios. Ils téléchargent des podcasts qu’ils écoutent pendant qu’ils font la lessive ou qu’ils conduisent. 

MF: Les magazines peuvent-ils encore exister dans cet environnement ? 
JM: ODDA, pour qui je travaille aujourd’hui en qualité d'editor-at-large, est un magazine biannuel qui publie des articles de 4000 mots. C’est plus une sorte de memento, de point de référence vers lequel se retourner pour dire « Ok, donc c’est à ça que ressemblait la mode à ce moment-là et ce sont les gens qui la façonnaient. » Avec les podcasts, il y a une possibilité de passer en coulisses, de connaître réellement les designers. C’est une manière de faire entrer tout le monde dans cet univers afin de leur faire découvrir directement les incroyables figures qui font la mode. Stephen Jones, Olivier Rousteing, Julie de Libran… Vous les entendez rire, vous les entendez parler… c’est précieux. Je pense qu’il y aura toujours une place pour l’écriture, elle ne disparaîtra jamais. Elle évolue. 

MF: Parlez-nous de Lauchmetrics et GPS Radar…
JM: Launchmetrics est une plateforme marketing qui aide les marques à identifier les acteurs avec lesquels elles veulent collaborer, puis mesure le succès des projets qu’ils mettent en place ensemble. A côté de cela, il y a GPS Radar. C’est un site gratuit qui permet à ses membres de RSVP aux défilés, demander des invitations pour les shows, constituer des moodboards, voir les galeries de tous les défilés (et pas seulement ceux des grandes capitales de la mode), consulter des communiqués de presse et poster des updates sur leur activité. C’est un peu comme un Linkedin pour l’industrie de la mode. 

MF: Launchmetrics travaille avec beaucoup d’influenceurs. Comment ce genre de marketing évolue-t-il ? 
JM: Je pense que les choses bougent. Avant il était uniquement question de votre nombre de followers. Maintenant, on parle plus d’engagement. Même si vous avez un taux de followers moins important, s’ils vous parlent réellement et répondent à vos campagnes, vous avez beaucoup plus d’impact. Par conséquent, je pense que le profil des micros-influenceurs va gagner en importance et que les marques auront peut-être plus envie de travailler avec eux qu’avec de gros acteurs.

Parfois, vous obtenez plus de résultats avec un petit influenceur que vous n’en auriez eu avec Kendall Jenner. Vous pouvez avoir plus de retours et convertir en ventes. C’est précisément le cœur du business avec les Millenials et la Génération Z : tout est question de connexion, de sentir qu’il s’agit d’un partenariat authentique.

MF: Quelles sont vos trois meilleures adresses à Paris ?
JM: J’aime prendre mes déjeuners et petits déjeuners professionnels chez Sunday in Soho. C’est proche de mon bureau et le menu est divin. J’achète mes bijoux chez White Bird. J’aime beaucoup leurs collections. Et il y a cette visagiste que j’adore nommée Sophie Carbonari. Elle a le secret d’un soin qui vous fait paraître dix ans plus jeune. 

MF: Vous avez choisi de nous rencontrer à Hôtel des Grands Boulevards. Pourquoi ?
JM: C’est littéralement à deux pas de mon bureau, c’est aussi par confort. Mais c’est un bel endroit, agréable, donc pourquoi pas ? 

MF: Vous voyagez beaucoup. De quoi ne pouvez-vous pas vous passer ? 
JM: Les photos de mes trois filles ne me quittent jamais. J’ai aussi toujours avec moi ce petit Lanix (une minuscule enceinte), mon ensemble en cachemire et un magnifique châle brodé que j’ai acheté en Inde lorsque j’y suis allée avec Suzy. Je l’adore, il arrange tous les looks. Oh, et un rouge à lèvres rouge ! Si je suis fatiguée, je mets une touche de rouge et je suis prête!

MF: Quel est votre meilleur souvenir mode ?
JM: Oh mon Dieu il y en a tellement ! Je peux vous dire que j’ai su que je voulais travailler dans la mode le jour où je suis allée voir un jeune designer qui débutait chez Guy Laroche. C’était Alber Elbaz et c’était superbe. Les défilés Dior à Versailles étaient magnifiques. Quand John [Galliano, ndlr] était à la tête de la maison, les shows étaient épiques… Le dernier défilé d’Yves Saint Laurent lui-même était aussi un moment phénoménal…

MF: Votre endroit préféré durant la Fashion Week ?
JM: Le Mini Palais. C’est super. J’y vais et je travaille entre deux défilés. 
MF: Le premier accessoire que vous ayez possédé ? 
JM: Un sac Fendi Baguette ! 
MF: Le dernier accessoire que vous ayez acheté ?
JM: Une paire de boucles d’oreilles Charlotte Chesnais. 
MF: Votre accessoire fétiche ? 
JM: Mes peignes ! 
MF: Talons hauts ou chaussures plates ? 
JM: Chaussures plates ! Je cours d’un show à l’autre, j’ai besoin de me déplacer rapidement. Je suis accro aux espadrilles Valentino.

Découvrez notre sélection
The Neo Bourgeoise
How To
Tendance Belle de Jour ou Romy, le look néo-bourgeoise est l’un des plus faciles à recréer. Mode d’emploi.
Découvrir
Découvrez la botte Western de Toga Pulla
The Western
Trend
Quand le look western se fait chic et citadin. Ou comment les santiags sont devenues les it-shoes des filles pointues. Analyse.
Découvrir
Discover the Parker Patchwork Stripe Bag by Coach
The Parker Patchwork Stripe Bag, by Coach
Hero Product
Western ou citadine, cette déclinaison du sac Parker s’accorde avec tous les looks pour un style unique. Décryptage.
Découvrir